Barbara Wojtoñ 

Uniwersytet Pedagogiczny w Krakowie

 

 

La réception de La Plaisanterie de Milan Kundera par la critique tchèque et occidentale 

  

 

 

La première traduction de La Plaisanterie en France est parue en septembre 1968 (Burda 2001 : 1), en suscitant immédiatement l’intérêt des critiques. Le livre, traduit par Marcel Aymonin et préfacé par Louis Aragon, a attiré tant d’attention qu’il a été bientôt édité en douze langues, en assurant la popularité de Milan Kundera. Toutefois, la réception du roman à l’étranger a été différente de celle en Tchécoslovaquie. Contrairement aux idées de Kundera qui aurait souhaité que La Plaisanterie fût interprétée comme « roman et rien que roman » (Kundera 1998 : 462), le livre a été vu « comme un témoignage sur la vie dans la Tchécoslovaquie communiste » (Burda 2001 : 1).

La critique française a voulu considérer La Plaisanterie d’un point de vue absolument idéologique. A l’époque du Printemps de Prague, il était difficile pour les critiques d’approuver les valeurs uniquement littéraires de La Plaisanterie, cette interprétation semblait alors évidente et tout à fait naturelle. Dans l’une des premières réactions, publiée dans le Journal du dimanche, daté du 24 novembre 1968, Annette Colin-Simard dit que La Plaisanterie est « un roman idéologique, politique. Sur le plan romanesque, il est assez ennuyeux ; sur le plan témoignage de la vie dans les Pays de l’Est au temps de Staline, très intéressant. Nous avons tout de même frémi à l’idée que si nous vivions sous un régime totalitaire, des lectures de ce genre nous seraient infligées toute la journée » (Burda 2001 : 1). 

L’interprétation politique du livre est partagée par Philippe Labro qui, dans le même journal du 5 janvier 1969, écrit que le livre « mérite l’attention de tous ceux qui veulent mieux connaître l’état d’esprit, l’atmosphère, la mentalité, les limites de la vie politico-administrativo-intelectuelle en Tchécoslovaquie » (Burda 2001 : 1).

Dès le départ, la réduction du roman à un livre qui serait juste un document sur l’époque stalinienne était une lecture assez courante chez les journalistes de l’Ouest. D’après Michelle Woods, aujourd’hui il est bien connu que Kundera est treated and interpreted differently in the Czech Republic and abroad, especially in English-language criticism (Woods 2006 : 144-145). Selon l’auteur, Kundera est reçu en République Tchèque avec du scepticisme envers son auto-présentation et auto-interprétation, donc il est interprété correctement, alors que l’Ouest le reçoit superficiellement, bénévolement et naïvement, sans avoir connu son œuvre et sa vie avec les détails nécessaires pour l’interpréter convenablement (Woods 2006 : 144-145).

Néanmoins, à coté des lectures purement politiques se sont élevées également des voix essayant de trouver dans La Plaisanterie des éléments littéraires. Lisons par exemple la critique de Frédéric Towarnicki, parue dans l’Express en novembre 1968, intitulée Aragon lance un romancier, où nous trouvons la conclusion : « déchirante, cette Education sentimentale d’un jeune homme communiste est beaucoup plus et autre chose qu’un témoignage. Une œuvre achevée ». Dans le même esprit construisent leurs thèses Claude Mauriac (Le Figaro, le 21 octobre 1968), en soulignant que La Plaisanterie est roman poétique autant que politique, Pierre Kyria (Combat, le 14 novembre 1968), en jugeant que ce roman est un acte de foi en l’avenir et Nelly Stéphane (Europe, avril – mai 1969), selon laquelle le livre est un grand roman sur la mémoire (« Milan Kundera nous invite à nous souvenir ») (Burda 2001 : 2).

Toutefois, la critique littéraire occidentale n’a pas su abandonner l’idée de la réception de La Plaisanterie comme un roman politique. Il a fallu des années pour confirmer le caractère plus universel de l’œuvre, bien qu’elle soit toujours interprétée par des lecteurs de l’Europe Occidentale et Orientale de façon différente.

En renonçant à la lecture idéologique, nombreux sont ceux qui voudraient voir dans La Plaisanterie un roman réaliste, traditionnel où l’une des formes classiques romanesques. Toutefois, Kundera abandonne la motivation psychologique, il évite des descriptions du milieu où des analyses détaillées de ses personnages. D’après l’auteur, « … l’esprit du roman est l’esprit de continuité : chaque œuvre est la réponse aux œuvres précédentes, chaque œuvre contient toute expérience antérieure du roman. Mais l’esprit de notre temps est fixé sur l’actualité qui est si expansive, si ample qu’elle repousse le passé de notre horizon et réduit le temps à la seule seconde présente. Inclus dans ce système, le roman n’est plus œuvre (chose destinée à durer, à joindre le passé à l’avenir) mais événement d’actualité comme d’autres événements, un geste sans lendemain » (Kundera 1986 : 30).

Les critiques qualifiant La Plaisanterie comme un roman politique avaient pourtant des raisons de le faire. Le livre décrit d’une façon détaillée le quotidien de la société tchèque dans les deux premières décennies du communisme. Il a été édité pour la première fois en 1967 et bientôt est devenu la base pour une réalisation cinématographique portant le même titre. Bien qu’en été 1967, pendant le IVe Congrès des écrivains tchécoslovaques (où les écrivains tchèques et slovaques ont débattu de leur soumission aux idéaux marxistes-léninistes) l’ouvrage ait été réputé difficile (Nìmcová Banerjee 1993 : 19), le film, ainsi que les trois rééditions de La Plaisanterie, ont connu un grand succès auprès du public.

La parution de La Plaisanterie en Occident en automne 1968 a donc provoqué des réactions purement idéologiques, comme celle de Louis Aragon, « voix lyrique et vénérable du communisme français » (Nìmcová Banerjee 1993 : 20) qui a écrit dans la préface de la première édition française, traduite du tchèque par Marcel Aymonin :

 

Oui, dès aujourd’hui, et demain, bien plus tard, c’est dans des livres comme La Plaisanterie de Milan Kundera que l’on pourra comprendre, suivre, par ce chemin profond qui fraye le roman dans l’époque, ce que fut au vrai la vie en notre temps, la vie de tous les jours, pour les hommes et les femmes dont le nom ne s’étale point sur les journaux, n’est pas retenu par les encyclopédies, et en qui cependant mûrissent les changements confus d’un monde en gestation (Aragon 1968 : II).

 

Or, Aragon a interprété La Plaisanterie comme une œuvre étant une sorte de document, mémorisant les circonstances politiques des temps de la libéralisation en Tchécoslovaquie, ainsi que registrant les moments d’espérance et de souffle, tout cela face aux versions des mythographes qui se parent du nom d’historiens (Aragon 1968 : I). Toutefois, la réaction de Kundera à ces paroles, parue quatorze ans plus tard, fut forte et sévère. Il l’a publiée dans l’introduction à la version anglaise intégrale du roman (Nìmcová Banerjee 1993 : 21), parue en 1982, en dénonçant catégoriquement la version « filtrée » éditée en Angleterre en 1969 sans son autorisation.

Bien que Kundera ait apprécié le rôle d’Aragon prévoyant le comportement des historiens, dans la préface il a sèchement ironisé sur la colère brève du poète :

 

Quatre ans plus tard, ses jambes l’amenèrent docilement à Moscou se faire décorer par Brejnev… Pourtant, ce même Aragon est l’auteur du texte probablement le plus éloquent et le plus pénétrant jamais écrit sur l’invasion de la Tchécoslovaquie par les Russes : la préface de La Plaisanterie (Kundera 1982 : IX). 

        

En même temps, l’auteur s’est fortement opposé à l’interprétation purement politique de La Plaisanterie :

 

Epargnez-moi votre stalinisme, s’il vous plaît, La Plaisanterie est une histoire d’amour ! […] l’étincelle qui a déclenché [le roman] fut un fait divers survenu dans une petite ville de Tchécoslovaquie: l’arrestation d’une jeune fille qui avait volé des fleurs dans un cimetière pour les offrir à son amant. (Kundera 1982 : IX).

 

Ce fait divers correspond à un épisode du livre dans lequel Lucie offre des bouquets à Ludvik étant à l’armée. Toutefois, Kundera admet que « … les paradoxes de l’Histoire ont les mêmes propriétés que ceux de la vie privée » (Kundera 1982 : IX).

L’Histoire reste alors l’un des principaux acteurs de La Plaisanterie. Pourtant, sa représentation diffère de celle des premiers critiques du roman, en prenant une forme plus sophistiquée et complexe. Comme le remarque Kvìtoslav Chvatik, le thème central du livre est la relation entre l’homme et l’histoire (Chvatik 1998 : 89). Même si Kundera a protesté plusieurs fois contre la lecture idéologique, il n’avait pas nié le fait que le motif de l’Histoire prenait une place importante dans son œuvre. Déjà en 1967, lors de Congrès des écrivains tchécoslovaques, il disait :

 

Qu’est-ce que l’histoire, qu’est-ce que l’homme en général ? A aucune de ces questions on ne saurait répondre après cette expérience comme on y aurait répondu auparavant. Personne n’est entré dans cette période de l’histoire pareil à ce qu’il était quand il en est sorti. Et, à vrai dire, ce n’est pas uniquement le stalinisme qui est en question. Toute l’histoire de ce peuple, entre démocratie, asservissement au fascisme, stalinisme et socialisme, renferme les éléments essentiels qui font du XXe siècle ce qu’il est. Cela nous donne sans doute la possibilité de poser les questions plus importantes, et peut-être d’inventer des mythes plus signifiants que ne le feraient ceux qui ne sont pas passés par une pareille anabase (Chvatik 1998 : 81). 

 

Nous voyons alors que même si La Plaisanterie aborde les thèmes de la vie de la société communiste, il serait assez schématique de la caractériser comme un roman réaliste. L’ouvrage se distingue par l’originalité de sa composition et de sa construction. D’après Chvatik, nous pouvons y relever plusieurs motifs essentiels (Chvatik 1998 : 86) qui font de La Plaisanterie une œuvre toujours actuelle.

La réduction de La Plaisanterie à un roman documentaliste serait aussi injuste et superficielle. Comme le souligne Milan Burda, la réception française du livre a changé avec le temps :

 

Ainsi, entre l’automne 1968 et le début de 1976, en l’espace de huit ans, l’interprétation en France de l’œuvre de Kundera subit une évolution significative, qui va de la réception d’un simple témoignage sur la vie des pays communistes à la consécration d’une œuvre achevée et de portée universelle (Burda 2001 : 7).

    

La première lecture de La Plaisanterie en Tchécoslovaquie n’a pas eu non plus un caractère univoque et homogène. Bien que le roman soit bientôt devenu populaire auprès du public, les critiques le voyaient de façons diverses et présentaient des opinions multiformes. Il faut souligner qu’en 1967 Kundera était déjà connu en Tchécoslovaquie, surtout comme poète et auteur dramatique. En fait, il représentait la jeune génération des écrivains staliniens, publiant non sans profiter des privilèges du régime (Hybler 2007). 

Etant le premier roman de Kundera, La Plaisanterie suscite immédiatement l’intérêt des critiques (Haman 2007). Dans la revue Plamen (Flamme) Milan Blahynka distingue parmi des héros « les métaphysiciens », s’accrochant à leurs convictions (comme Zemanková, Kostka où Jaroslav) et « les dialecticiens », vivant sans employer les vérités commodes, dont le représentant principal est Ludvik (Blahynka 1969 : 44 – 54, d’après Haman 2007). Le critique évalue La Plaisanterie du point de vue purement esthétique, ce qui différencie son analyse d’autres études, comme celle de Jiøí Opelík, qui nomme Kundera « spécialiste en désillusion et problématisation des valeurs » (odborník na desiluzí a problematizaci hodnot) [traduction BW] et son œuvre « un roman idéologique » (ideový roman) (Opelík 1969 : 96 – 202, d’après Haman 2007).

Ainsi, d’autres critiques, comme Milan Suchomel et Milo¹ Pohorský, voient dans La Plaisanterie une sorte de réflexion sur l’absurdité du quotidien dans lequel l’homme est forcé de vivre (Suchomel 1992 : 122 – 131, d’après Haman 2007). Ce dernier remarque encore un motif, notamment celui de la nostalgie, qu’il traduit comme la nostalgie de la renaissance des valeurs perdues (Pohorský 1990 : 270 – 280, d’après Haman 2007).

Les critiques analysant La Plaisanterie commencent à employer le vocabulaire du domaine philosophique. Nous voyons dans ce contexte une nouvelle fascination pour l’existentialisme, bien visible dans les études de Zdenìk Ko¾mín qui parle de la La Plaisanterie comme d’un roman existentiel (existenciální román) (Ko¾mín 1995 : 96 – 99, d’après Haman 2007). L’écrivain Ivan Klima, caractérise les idées kunderiennes du point de vue de la philosophie post-existentialiste (postexistenciální filosofie) (Klima 1967 : 84 – 90, d’après Haman 2007), et enfin, Václav Èerný, qui considère La Plaisanterie comme un roman existentialiste :

 

[Kundera] n’est pas un élève du roman existentiel mondial, mais son représentant tchèque, et je déclare sans exagération que je lui donne ma préférence sur peut-être pas tous les existentialistes étrangers, mais absolument sur Sartre. (Èerný 1994 : 36, d’après Haman 2007) 

 

Parmi les voix parlant de l’existentialisme de la prose kunderienne apparaissent également des opinions du caractère différent, comme l’analyse d’Ale¹ Haman, parue dans la revue Plamen (La Flamme) (Haman 1967 : 28 – 32), dans laquelle l’auteur confronte La Plaisanterie à Sekyra (La Hache) de Ludvík Vaculík et Smrtelná nedìle (Dimanche mortel) (le livre n’a pas été traduit en français ; traduction du titre BW)  de Jaroslav Putík. Le critique veut voir dans ces trois romans un axe commun, reposant sur la proximité d’âge des auteurs qui sont représentants de la génération qui s’est toujours intéressé au rationalisme marxiste intellectuel (marxistické intelektualistické osvícenství) (Haman 1967 : 28 – 32), bien que ses idées se soient compromises.

Nous remarquons également des analyses très critiques, comme celle de Jan Lopatka, traitant La Plaisanterie de livre léger et la comparant à la prose d’un écrivain mineur, Pitigrilli. Il estime que le roman « apporte une quintessence énoncée et ennoblie de la discussion superficielle de l’époque sur les événements politiques dans les décennies dernières, sur leurs individualité et interprétation » (Lopatka 1991 : 53, d’après Haman 2007). 

Comme le constate Anna Gebertová, « force est pourtant de constater que Milan Kundera n'a jamais filé un parfait amour avec la critique tchèque » (Gebertová 2003). D’après elle, l’origine de cette répugnance a son origine dans la fameuse polémique sur le Printemps de Prague entre l’auteur et Vaclav Havel, provoquée par l’article de Kundera intitulé Èeský údìl (Le destin tchèque) paru en 1968 dans la revue Listy (Les Feuilles) (Kundera 1968 : 7/8 : 1 et 5). Selon ses thèses contenues dans l’article, les Tchèques  « pourraient créer (et pour la première fois dans l’histoire) le socialisme sans pouvoir tout-puissant de la police secrète, avec la liberté de parole, écrite et parlée, avec une opinion publique que l’on peut entendre, et une politique qui s’appui sur eux, avec une culture moderne se développant librement, et des gens qui n’ont plus peur » (Kundera 1968 : 7/8 : 1 et 5).

En réponse à cette conception, Havel a appelé Kundera un mondain intellectuel légèrement sceptique (lehce skeptický intelektuální svìták) (Havel 1999 : 888 – 897) et a proposé, au lieu d’appeler les Tchèques à des actes de caractère planétaire, à réaliser le projet de la « normalisation » des anomalies propres et domestiques, c’est-à-dire totalitaires. La réplique kunderienne a été aussi acerbe : dans l’article intitulé Radikalismus a exhibicionismus (Le Radicalisme et l’exhibitionnisme), édité dans la revue Host do domu (Linvité de la maison), il a comparé Havel à Husak, en dénonçant l'exhibitionnisme moral de ses positions politiques (Kundera 1968–69 : 24 – 29).

Avec la « consolidation » où « normalisation » tchécoslovaque des années 1969-72, de nombreux écrivains, dont Kundera, perdent le droit de publier. La répression culturelle devient si forte que la critique littéraire de son œuvre n’est plus présente dans les revues officielles et apparaît sous forme d’auto-éditions, dites samizdats, où sous forme d’édition à l’étranger. En 1975 Kundera quitte la Tchécoslovaquie et s’installe en France, en y débutant avec de nouveaux textes, écrits à partir de 1984 uniquement en français.

 

Bibliographie :

 

Aragon, L. (1968) Ce roman que je tiens pour une œuvre majeure, dans La Plaisanterie, Paris :,Gallimard Burda, M. (2001), La réception des premières œuvres de Milan Kundera en France,  [ :] Actes du colloque international Milan Kundera, Une oeuvre au pluriel,  Centre  d’Etude Tchèque, de l’ULB, http://www.ulb.ac.be/philo/cet/kundera.html 14.12.2001

Chvatik, K. (1998) Le Monde Romanesque de Milan Kundera, Paris , Gallimard

Gebertová, A. (2003), Milan Kundera : un difficile amour avec son pays d'origine, http://www.radio.cz/fr 01.05.2003

Haman, A. (2007), la communication prononcée le 11 octobre 2007 lors du Colloque International Kundera Intempestif. Paradoxes d’une réception contemporaine, organisé par le LERTEC / PASSAGES XX-XXI, Université Lumière Lyon 2 en coopération avec la Villa Gillet, á paraître 

Havel, V. (1999), Spisy 3, Prague,Torst

Hybler, M., L’œuvre poétique et théâtrale reniée de Kundera, le 16 octobre 2007, www.vulgo.net

Kundera, M. (1982), Préface de l’auteur, dans The Joke, traduit du tchèque en anglais par Michael Henry Heim, New York,Harper & Row,  (la traduction française d’après Nìmcová Banerjee, Maria)

Kundera, M. (1986) L’Art du roman, Paris, Gallimard

Kundera, M. (1998), La Plaisanterie, Paris, Gallimard

Kundera, M. (1968–69), Radikalismus a exhibicionismus dans Host do domu 15, numéro 15  

Kundera, Milan (1968), Èeský údìl dans Listy, 1, numéro 7/8

(traduction BW du tchèque) : vytvoøit koneènì (a po prvé ve svìtových dìjinách) socialismus bez v¹emoci tajné policie, se svobodou psaného a mluveného slova, s veøejným mínìním, je¾ je sly¹eno, a s politikou, je¾ se o nì opírá, s moderní kulturou svobodnì se rozvíjející a s lidmi, kteøí ztratili strach.  

Nìmcová Banerjee, M. (1993), Paradoxes terminaux. Les romans de Milan Kundera, Paris, Gallimard

Woods, M. (2006), Translating Milan Kundera, University of Warwick

 

Les citations d’après Haman 2007 :

Blahynka, M. (1969), dans Plamen, 9, 1969, numéro 1

Èerný, V. (1994), Eseje o èeské a slovenské proze, Prague : Torst; traduction BW du tchèque: (Kundera) je nikoli èeským ¾ákem svìtového existenciálního románu, nýbr¾ jeho èeským pøedstavitelem a prohlásím bez nadsázky, ¾e mu dávám pøednost ne snad pøed v¹emi cizími existencialisty, ale rozhodnì pøed Sartrem. 

Haman, A. (1967), Plamen 10, numéro 7

Klima, I. (1967), Orientace, numéro 1 et numéro 2

Ko¾mín, Z. (1995), Studie a kritiky, Prague : Torst, 1995

Lopatka, J. (1968), Pøedpoklady tvorby, dans Se¹ity pro mladou literaturu. 3, numéro 21, et Prague, Ès. spisovatel, (1991), traduction BW du tchèque: …pøiná¹í artikulovanou a zu¹lechtìnou tres» dobové povrchní konverzace o politických osudech v posledních desetiletích, jejich svérázu a interpretaci

Opelík, J. (1969), Nenávidìné øemeslo, Pragu,: Ès. Spisovatel, 1969

Pohorský, M. (1990), Zlomky analýzy, Prague,  Ès. spisovatel

Suchomel, M. (1992), Literatura z èasu krize: ¹est pohledù na èeskou prózu 1958-1967, Brno, Atlantis